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mercredi 10 mai 2017

Aventures d'une future maman #5 : polypes, cœlioscopie et psychologie de comptoir

Hé, tu te souviens, il y a une éternité, quand je te parlais de nos efforts désespérés pour fabriquer un mioche ? Hé ben j'ai de nouveau des choses à te raconter.
Il y a presque deux ans, je te disais qu'après toutes mes merveilleuses aventures, que tu pourras facilement te remémorer en consultant la page qui leur est consacrée ou en utilisant mon étiquette dédiée à la procréation, nous avions décidé (enfin, surtout moi, parce que j'en avais vraiment ma claque des piqûres et des farfouillages génitaux) de se donner jusqu'à la rentrée, voire jusqu'au début de l'année suivante, avant de commencer le traitement au Clomid, que j'estimais par ailleurs parfaitement inutile, le machin étant supposé stimuler une ovulation qui n'avait vraisemblablement pas besoin de l'être... ce que m'a enfin confirmé mon cinquième gynéco récemment.


Bref, reprenons du début. Enfin, du nouveau début.
Donc, finalement la rentrée s'est effectivement transformée en début d'année suivante et le début d'année suivante s'est transformé en fin d'année. Entre temps, j'ai eu pas mal le temps d'y réfléchir et je suis tombée d'accord avec moi-même sur le fait que si la nature ne voulait pas, il n'y avait pas de raison que je la force. Mon envie de perpétuer l'espèce n'était plus aussi forte qu'il y a deux ans. Mais je sentais bien que Chouchou, lui, ça le démangeait, et il me demandait régulièrement "alors, qu'est-ce qu'on décide ? Qu'est-ce qu'on fait ?", et tout aussi régulièrement, je lui répondais en soupirant que je ne savais pas, parce que vraiment, je ne savais pas...
Ce qui nous amène à l'automne 2016, où il a bien fallu que finalement, je me décide. De toute façon, il était temps que j'aille faire mon frottis. J'ai donc décidé que j'allais au moins tenter le Clomid malgré son évidente inutilité ou tout autre traitement pas trop lourd, mais que je ne pousserais pas plus loin. En d'autres termes, on essaie de donner un coup de pouce à la nature cette feignasse, mais on ne va pas non plus partir dans un truc hyper médicalisé. Chou était d'accord avec le principe.
Rendez-vous a donc été pris pour fin janvier, puis a été avancé un peu d'urgence à fin décembre à cause de saignements anormaux depuis fin novembre. Rencontre d'une quatrième gynécologue (ma gynéco habituelle - tu sais, celle que j'ai rencontrée au troisième rendez-vous... - n'étant, oh étrange, pas là), qui me sourit comme si j'étais simplette (ben oui, s'inquiéter parce qu'on saigne anormalement, c'est idiot), me fait tout de même une échographie par voie interne, ne trouve rien et donc déclare que ce n'est rien, m'informe qu'elle n'y connait rien en PMA et me conseille de re-prendre rendez-vous avec ma gynéco habituelle (ça va, tu suis ?), et ça-fera-65-euros-s'il-vous-plait.
Rendez-vous un mois plus tard avec ma gynécologue habituelle (oh, vous z'ici, diantre !), qui me sourit comme si j'étais simplette (nan mais les saignements c'est rien, le fait qu'ils se soient accentués n'est absolument pas inquiétant), et m'informe que nan, ils se sont réorganisés dans le cabinet, ce n'est plus elle qui s'occupe de la PMA, il faut prendre rendez-vous avec le docteur Machin, faire une courbe de température et un test post-coïtal en attendant, et ça-fera-45-euros-s'il-vous-plait.


Donc, deux mois plus tard, nous voilà fin mars, rendez-vous Choupi et moi avec le docteur Machin (un homme cette fois), à qui on explique tout le bordel, y compris les saignements qui ont continué de s'accentuer au point de devenir quasi permanents (je te laisse imaginer comme c'est pratique quand t'as déjà du mal à procréer - et comme c'est facile de ne pas s'inquiéter !). La courbe de température confirme, s'il y en avait besoin, que j'ovule, le test post-coïtal confirme que je n'assassine pas les bestioles de l'homme avant même qu'elles atteignent le Nirvana, un nouveau dosage de l'AMH re-confirme que je suis moi aussi extrêmement bien pourvue en termes d'enfants potentiels, et donc que gober du Clomid serait tout à fait aberrant (MERCI monsieur !), mais par contre effectivement, ces saignements, ce n'est pas normal (à ce stade, je te laisse imaginer à quel point rencontrer enfin un gynécologue compétent m'a donné des envies de lui sauter dans les bras), et ni une ni deux, il émet un potentiel diagnostic et me propose une solution concrète pour le confirmer. Me voilà donc peut-être atteinte d'endométriose, et en attente d'une cœlioscopie-hystéroscopie programmée pour début mai.


Donc, durant le mois qui a suivi, j'ai dans ma tête été atteinte d'endométriose, et incroyablement soulagée de l'être : il y avait une raison à tout ça, et on pouvait la soigner, et même si ce n'était pas le cas, peu importe : enfin j'allais avoir une explication sur mon infertilité, enfin j'allais pouvoir me dire que non, tout n'allait pas bien, et enfin, j'allais pouvoir expliquer aux gentilles personnes qui se permettent d'avancer que si je n'arrive pas à avoir d'enfant, c'est forcément psychologique, que non, ce n'est pas parce qu'elles, elles ont procréé juste en se regardant intensément dans les yeux, que ma propre incapacité est psychologique.

C'est donc là que je glisse vite fait un petit message subliminal à toutes les personnes qui, un jour, ont ou vont conseiller à une autre personne qui souhaite avoir un enfant, qui n'y parvient pas, et qui est en souffrance à cause de ça, de ne plus y penser pour que ça marche : tais-toi. Juste, tais-toi et ne dis rien. Ne parle pas de choses que tu ne connais pas. Ne vas pas imaginer que dire à une personne qui souffre de ne pas connaître le bonheur d'avoir un enfant, en souffre parce qu'elle fait un blocage psychologique (ou n'importe quel truc qui implique un problème psychologique et non mécanique ou physiologique), va lui faire du bien. N'essaie pas de lui conseiller de partir en week-end, en vacances ou que sais-je. Ne minimise pas sa souffrance. Compatis, ou pas, mais si tu n'as aucune expérience à ce sujet, ne lui propose rien d'autre que ta simple écoute. Ne te sens pas obligé de dire quoi que ce soit, c'est parfaitement inutile, et la plupart du temps, juste maladroit et cruel. Merci, fin de la parenthèse.
C'est donc le 3 mai dernier que je me suis fait percer des trous et introduire du dioxyde de carbone dans l'abdomen.
En passant, une petite parenthèse sur la cœlioscopie, on sait jamais, si l'info peut servir à quelqu'un qui passerait par là : si après une cœlio tu te mets à avoir mal à la poitrine, voire aux épaules, voire vraiment très mal, au point de ne pas savoir comment te mettre et de ne carrément plus pouvoir respirer dans certaines positions, pas de panique, tu n'es pas en train de faire une crise cardiaque ou un pneumothorax : simplement les gaz restants sont venus se loger là-bas dedans et mettront quelques jours à se dissiper (flatulences et éructations bonjour). J'aurais aimé que mon cher médecin me prévienne de cette éventualité avant que je me connecte à Internet à 3h du mat' en me demandant de quoi j'allais bientôt mourir, alors je suis sympa, je le fais pour toi. Pour accélérer le processus, marche. Même à la vitesse d'une tortue. Même plié en deux. Même entre ton lit et ton canapé. Marche, ça ira plus vite !

Cette charmante parenthèse refermée, revenons-en à moi. Après mon réveil et plusieurs heures d'attente, j'ai enfin eu le verdict : pas d'endométriose (ou seulement un petit point sans importance devant la vessie), mais deux polypes, dont un qui prenait quasiment toute la place. Il était probablement là depuis des années, il est même possible qu'on le devine vaguement après coup, tout petit, sur mon hystérosalpingographie, et il s'est vraisemblablement mis à grossir subitement, entraînant ces fameux saignements qui étaient tout à fait normaux, n'est-ce pas. Voici donc, très probablement, la raison de mon incapacité à faire pousser quoi que ce soit d'autre à l'intérieur de mon Gérard.

Maintenant, y'a plus qu'à ! Un petit contrôle dans deux mois, en attendant on ne va pas se priver de s'entraîner, et on en rediscutera début septembre avec le sauveur de Gégé. D'ici là, qui sait... 🍼

8 commentaires:

  1. C'est étonnant, désolant même, que plus de 20 ans après je sois amenée à lire que rien n'a changé dans le discours des médecins,ni dans les médocs proposés, ni même dans les examens ... Pour en arriver au même résultat !
    Je confirme que ça fait "mal" le gaz restant et le fait d'avoir été tête en bas avec les viscères scotchés dans la cage thoracique durant la célioscopie :o)
    Ils vont donc t'enlever les polypes alors je suppose pour laisser la place ! Quel soulagement n'est ce pas de savoir ENFIN :o))Gros bisous

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    1. Oui, c'est un immense soulagement, de pouvoir cesser de dire "tout va bien, mais ça veut quand même pas, mais qu'est-ce qu'on fait de mal ???" (ah oui, j'ai oublié la bonne blague du "nan mais vous êtes sûrs que vous utilisez le bon trou ?" - haha, lol mdr...) pour le remplacer par "peut-être que maintenant on a nos chances !" :)
      Je ne savais pas que la coelio se déroulait tête en bas. Bon, j'étais pas trop là, ils ont fait leurs affaires sans trop m'en parler :p
      Les polypes sont déjà enlevés, quitte à être là, le médecin a fait ce qu'il avait à faire ! Tout ce qu'il nous reste à faire maintenant c'est nous regarder bien fort dans les yeux :DD
      Gros bisous Nat, et merci pour ton petit mot ! :)

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    2. Ouf pas besoin d'y retourner alors pour une autre cœlioscopie !! Moa j'ai eu droit à une 2ème opération nananèreee ;o))
      c'est une bonne solution aussi de se regarder bien fort dans les yeux !!! LOL. Gros bisous

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    3. Han, trop la chance ! ^^" Je préfère laisser ma place à d'autres :p (je me fais enlever les points demain et je crois que je n'ai jamais attendu quelque chose avec autant d'impatience...)
      Oui, je te dirai si ça marche. ça marche sur d'autres gens visiblement, alors pourquoi pas sur moi ^^
      Gros bisous Nat <3

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  2. Comme je ne suis pas étonnée de la non compétence de certains médecins... "Madame, ne vous inquiétez pas, ce sont des pierres aux reins..." Je suis quand même allée aux urgences, genre vers minuit parce que je me tordais de douleur. Une chance, les pierres au rein étaient devenues une grossesse extra utérine et j'allais y passer... Opération en urgence... tralalala...
    Juste plein de <3 Gros bisous

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    1. Ha, ça me fait penser à mon beau-père qui s'est retrouvé au CH du coin parce qu'il avait fait un malaise et avait une paupière qui retombait, et à qui on a diagnostiqué un AVC 48h plus tard au CHU dans lequel on a fini par l'envoyer. Ou ma belle-mère, tout récemment, qui s'est retrouvée aux urgences à cause de violentes douleurs au niveau du sternum, qui en est ressortie après une simple prise de sang sans avoir trouvé ce qu'elle avait, et qui a fini par se faire enlever la vésicule un mois et demi et beaucoup de douleurs plus tard (le 3 mai aussi d'ailleurs, c'était branle-bas de combat chez les hommes de la famille ce jour-là ! :D).
      Bref, des histoires comme la tienne et comme la leur, il y en a tellement, tout le temps, que ça en devient ridicule. On se dit souvent, en ne plaisantant qu'à moitié, qu'on serait mieux soignés chez le vétérinaire. Quand on compare la façon dont les médecins traitent leurs patients et celle dont les vétos traitent les leurs, on se dit que les premiers devraient faire quelques stages d'humanité chez les seconds...
      Breeef ! ^^
      Gros bisous à toi aussi Cécile ! <3

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  3. Je n'ai pas d'expérience de la question mais j'ai beaucoup de sympathie pour toi alors je t'envoie plein de gros bisous !!! Voilà :-)

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    1. Merci Isabelle <3 Gros bisous à toi aussi !

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