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mercredi 15 juillet 2015

Le gattilier


Vitex agnus-castus
Autre nom commun : poivre des moines. En anglais : chaste tree.

Le gattilier est un arbuste méditerranéen de la famille des Verbénacées qui pousse dans toutes les zones à climat subtropical, dans les lieux humides, et est surtout cultivé comme plante ornementale.
Ses branches, touffues et ramifiées aux extrémités, se dressent jusqu’à 3 à 5 mètres de haut et portent de grandes feuilles vertes qui comptent entre 5 et 9 folioles. Ce sont les jeunes branches qui portent les fleurs, qui forment des grappes bleuâtres ou violacées et exhalant une odeur poivrée. Les fruits sont des baies rouges et jaunes renfermant chacune quatre graines, et qui ressemblent à du poivre une fois séchées.

Parties utilisées et récolte

Ce sont ces baies au goût de sauge et à la saveur poivrée qui sont utilisées. On les cueille à maturité, en septembre-octobre, puis on les fait sécher. On en tire ensuite des extraits fluides et secs, qui doivent contenir au moins 0,2% de principes actifs pour être efficaces. On utilise également les sommités fleuries.

Composition

Les baies de gattilier contiennent de l’huile essentielle à cinéole, des labdanes diterpéniques (rotundifurane, vitexilactone, diacétoxy-labdane-diène), des iridoïdes (aucuboside, agnuside, eurostoside), des flavonoïdes (casticine, vitexine, C-hétérosides, pendulétine, chrysosplénol), des alcaloïdes, des stéroïdes végétaux (céto-stéroïdes) et des acides gras divers.

Histoire et tradition

Son nom latin, « agnus castus » (agneau chaste), évoque ses propriétés anaphrodisiaques. On le cultivait dans ce but à proximité des monastères (d’où son appellation de poivre des moines) : les moins en mâchaient les baies pour éviter les tentations de la chair, et pour remplacer le poivre qui aurait pu les stimuler sexuellement. Dans l’Iliade, il symbolisait d’ailleurs la chasteté et il était utilisé au Moyen-Âge pour « réprimer la luxure, rendre l’homme chaste comme un agneau, resserrer la matrice et faire venir les fleurs (menstruations) ».
Et pourtant, il est également vendu au Maroc pour ses propriétés aphrodisiaques…

Propriétés thérapeutiques

Le gattilier est avant tout utilisé pour ses effets à caractère hormonal. En effet, son action dopaminergique inhibe la sécrétion de prolactine par l’hypophyse, et donc la lactation, et favorise la sécrétion du corps jaune, et par ce biais augmente la concentration en progestérone, en milieu de cycle.
Ainsi, il est particulièrement adapté pour traiter divers problèmes hormonaux, surtout quand ceux-ci se traduisent par une insuffisance de corps jaune ou à un excès de prolactine, avec comme principaux symptômes le syndrome prémenstruel et menstruel (dépression, douleurs et gonflements mammaires et pleviens…), la faiblesse ou l’absence de règles, les cycles sans ovulation, douleurs des seins et certains cas de stérilité. Il est donc fortement conseillé en cas de problèmes de conception liés à des troubles de la sécrétion de progestérone, mais aussi de divers troubles de la femme tels que l’hyperménorrhée, la polyménorrhée, l’oligoménorrhée, les ménorragies, la préménopause, la sécheresse vaginale, les bouffées de chaleur, bref, toutes les anomalies du cycle et des phases du cycle liées à une insuffisance lutéale ou une hyperprolactinémie.
Pour les hommes, on le conseille soit en cas de faiblesse et/ou impotence sexuelle, soit en cas de fortes pulsions inhabituelles. On retrouve là le petit paradoxe : aphrodisiaque ou anaphrodisiaque ? On serait tenté de dire « mais faudrait savoir à la fin ! », mais si on y réfléchit, c’est peut-être tout simplement que le gattilier serait un fin régulateur des appétits masculins : trop, c’est trop et pas assez, c’est pas assez, pourquoi ne pas tout simplement équilibrer tout ça ? Bref, on ne trouve pas grand-chose à ce sujet, et ce n’est qu’une interprétation personnelle, à confirmer, ou pas…
Son effet sédatif en fait aussi un allié dans les épisodes de fatigue psychologique, tristesse, difficultés de concentration… Dans ce cas on le trouve plutôt sous forme homéopathique.


Exemples de posologies pour traiter l’insuffisance de corps jaune, du 8e au 21e jour du cycle :
- Gélules dosées à 250mg d’extrait sec, 2 matin et soir avec un verre d’eau (ou 1 gélule de 20mg matin et soir, selon le dosage proposé par le fabricant)
- 100 gouttes d’extrait fluide par jour dans un verre d’eau (approximativement 1 cuillère à café)
- 50 gouttes d’extrait alcoolique 1/5 au coucher
La durée de traitement conseillée varie selon les sources d’information. Certains préconisent plusieurs semaines, voire quelques mois de traitement (1 à 3 cycles pour l’amélioration du syndrome prémenstruel, au moins 2 cycles pour régulariser le cycle menstruel, 3 à 7 mois pour les problèmes de conception). D’autres disent que le traitement ne devrait pas dépasser les 3 mois. Mieux vaut demander conseil à un médecin, donc…

Précautions

Aucun effet toxique n’est connu à ce jour, ni aucune interaction avec d’autres plantes ou compléments, mais en cas de traitement hormonal existant, de possibles interférences sont à craindre. Des doutes subsistent également sur une possible interaction avec des traitements visant à réduire les symptômes de la maladie de Parkinson. Son usage est autorisé sans prescription médicale, mais il est préférable, en raison de la spécificité de son action, de demander un avis médical. En effet, de par son action sur le système hormonal, son usage pourrait masquer des problèmes de santé plus graves, tels qu’un cancer de l’hypophyse ou un grave dérèglement hormonal.
Il est également contre-indiqué en cas de troubles de l’hypophyse, grossesse, allaitement, aux personnes en processus de fécondation in vitro (un rapport d’observation clinique a montré que le gattilier pourrait empêcher l’embryon de se fixer dans l’utérus) et à celles qui ont souffert d’un cancer du sein ou qui ont des prédispositions familiales à ce type de cancer.
Le gattilier devrait donc toujours être utilisé sous l’étroite surveillance d’un médecin, ou en tout cas après s’être assuré que le problème hormonal ne cache pas quelque chose de plus grave.
Les effets indésirables sont rares, mais parmi les plus fréquents on a : nausées, maux de tête, troubles gastro-intertinaux, acné, prurit.

Source photos : Wikipédia /  Herboristerie Michel Pierre / Fleurs du Maroc Atlantique

2 commentaires:

  1. Très bon article :) Je connais le vitex depuis un moment déjà et j'en ai entendu beaucoup de bien, notamment pour les filles qui arrêtent la pilule. Cela dit, comme tu le précises bien, attention à ne pas en prendre à tords et à travers, en l’occurrence pour les femmes qui on un SOPK, ça peut aggraver le problème. Alors renseignez-vous bien et trouvez-vous un naturopathe si vous hésitez :) Merci pour cet article très instructif !

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    1. Marrant ça, pour ma part je n'en avais jamais entendu parler avant de faire des recherches sur la stérilité...
      Merci pour l'info sur le SOPK, je n'ai pas trouvé ça dans mes sources mais je vais me renseigner et l'ajouter aux précautions ;)
      Merci! :)

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