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lundi 25 janvier 2016

La valériane, "Valium végétal"

Valeriana officinalis
Autres noms communs : herbe-aux-coupures, herbe-à-la-femme-battue, guérit-tout, herbe-au-loup, herbe-aux-chats (à ne pas confondre avec la cataire) et, plus récemment, Valium végétal.

Herbacée vivace et robuste de la famille des Valérianacées préférant les lieux humides, elle peut également s'accommoder des lieux secs, et elle est commune dans toute l'Europe tempérée. Ses fleurs blanches, roses ou rouges visibles tout l'été et groupées en cymes ombelliformes se dressent au bout de tiges creuses et cannelées pouvant atteindre 2 mètres de haut. 
En phytothérapie, c'est surtout à ses parties souterraines que l'on s'intéresse. On récolte ses racines, rhizomes et stolons au printemps ou à l'automne, on les lave puis on les sèche à basse température, ou par cryodessiccation. Une fois séchées, les racines dégagent une odeur désagréable, pouvant faire penser à l'urine des félins, d'où son appellation d'herbe-aux-chats, ou tout simplement à des pieds à l'hygiène douteuse. Une fois infusées, leur goût n'a rien à envier à leur odeur...

Ses principaux principes actifs sont les valépotriates (des iridoïdes) et l'acide valérénique (sesquiterpène). On l’utilise sous forme de plante séchée (tisane), teinture-mère, extrait sec (poudre ou gélules) et extrait fluide (extraits aqueux, suspensions ou solutions buvables).

La valériane, star des tranquillisants végétaux

Au cours de l'histoire, de nombreuses vertus (parfois contradictoires) lui ont été attribuées, d'où son appellation de "guérit-tout". Mais LA vertu qu'on ne peut pas lui nier, c'est celle de puissant calmant. Avant l'arrivée des tranquillisants synthétiques, elle était considérée comme la plus efficace dans cette catégorie. Hippocrate et Dioscoride (Antiquité) la recommandaient déjà contre l'insomnie. Les Romains l'utilisaient pour calmer les palpitations et l'arythmie. Au Moyen-Âge, on l'utilisait comme tranquillisant et somnifère. A la fin du 16e siècle en Europe, on commença à l'utiliser dans le traitement contre l'épilepsie, ce que faisaient déjà les Amérindiens. Au cours de la Première Guerre Mondiale, elle était administrée pour traiter les traumatismes nerveux des combattants. Aujourd'hui encore, elle est couramment utilisée dans l'industrie pharmaceutique.


Si les preuves de son efficacité sont quelque peu controversées et les processus de ses effets encore mal connus (voire comparés par certains à un effet placebo), la valériane reste l'un des tranquillisants de référence en phytothérapie. Ses effets sédatifs, anxiolytiques, spasmolytiques, myorelaxants, légèrement anti-dépresseurs et anti-épileptiques en font un excellent allié pour traiter les insomnies et troubles de l'endormissement, l'anxiété, le stress, la nervosité, la dépression légère et, par ce biais, d'autres troubles qui y sont liés, tels que l'eczéma, la spasmophilie, le syndrome prémenstruel et les troubles menstruels, ainsi que le sevrage à certaines drogues ou médicaments : l'alcool, le tabac, certains tranquillisants et anti-dépresseurs...

Concernant le sevrage tabagique, elle donnerait même mauvais goût au tabac, et aiderait donc à réduire sa consommation. Je ne l'ai pas testé, vu que j'ai arrêté de fumer avant de goûter à la valériane, mais je n'ai aucun mal à y croire : en tisane, elle laisse un goût tellement fétide dans la bouche qu'elle donnerait mauvais goût à n'importe quoi...

Son huile essentielle, si elle présente elle aussi des propriétés intéressantes, est peu utilisée, et de préférence sur prescription médicale et étroite surveillance, en raison de son effet dépresseur sur le système nerveux central. Elle favorise les sécrétions gastriques, est diurétique, sédative et tranquillisante, antispasmodique et hypnotique, antipyrétique.

Précautions d'emploi

L'utilisation de la valériane est fortement déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes et aux enfants de moins de douze ans.
La valériane contenant des tanins, qui diminuent l'absorption du fer, son utilisation est déconseillée en cas d'anémie.
Si aucune interaction médicamenteuse n'a été clairement démontrée, il est préférable de ne pas l'associer à des somnifères synthétiques, notamment les benzodiazépines, ainsi qu'aux anti-diarrhéiques contenant du lopéramide ou à des anticoagulants.
De rares cas d'hépatotoxicité ont été observés, mais dans lesquels la responsabilité de la valériane n'a pas été formellement démontrée. A éviter tout de même en cas de troubles hépatiques.
Les valépotriates sont cytotoxiques et mutagènes à partir de 400mg/kg.
En cas de surdosage, on pourra observer, entre autres : asthénie, hypotension, sensation de tête lourde voire maux de tête, dilatation des pupilles, légers vertiges, douleurs abdominales, nausées. Si le surdosage est léger et ponctuel, ces symptômes seront sans conséquence. 
Son usage doit rester ponctuel ou limité à une courte durée (moins de six semaines), ou faire l'objet d'une surveillance médicale.

En cas d'utilisation de valériane sous forme standardisée (gélules, extraits secs ou fluides, etc.), respecter les doses recommandées. En tisane de racines séchées, une cuillère à café dans une tasse d'eau bouillante (en infusion ou en décoction selon la concentration souhaitée - pour ma part, l'infusion suffit) avant le coucher me semble suffisante, éventuellement associée à une cuillère à café de mélisse (et beaucoup de miel ou de sirop d'agave). Attention, c'est la dose que j'utilise mais je ne suis pas phytothérapeute ou herboriste, je me trompe peut-être. Je me suis cependant basée sur plusieurs sources qui me semblent fiables. Et en plus, je suis encore vivante, et en bonne santé, a priori. ^^


Source photo : Pixabay

2 commentaires:

  1. Très intéressant et à garder pour...bientôt ;-)
    Merci Marianne pour ces infos.

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    1. Plus tôt que tu ne le penses, du moins je l'espère de tout cœur ! :)

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